Fiche CEE BAT-TH-142 : la déstratification d'air dans les bâtiments tertiaires
La fiche CEE BAT‑TH‑142 encadre la pose d'un système de déstratification d'air dans un bâtiment tertiaire existant : magasin, surface commerciale ou tout autre local tertiaire de grande hauteur, clos et chauffé. Si le local fait au moins 5 mètres sous plafond, est chauffé à 15 °C ou plus en occupation et que le système respecte les exigences techniques (dont un bruit strictement inférieur à 45 dB ou 45 dB(A)), l'opération peut être financée, en tout ou partie, par les fournisseurs d'énergie, obligés par la loi.

Qu'est-ce que la fiche BAT‑TH‑142 ?
BAT‑TH‑142 est une fiche d'opération standardisée du dispositif des certificats d'économies d'énergie (CEE), créé par la loi du 13 juillet 2005 (loi POPE). Ce dispositif oblige les fournisseurs d'énergie à financer des économies d'énergie. Chaque fiche décrit une opération précise, ses conditions et le volume de certificats, exprimé en kWh cumac, qu'elle permet d'obtenir.
Son intitulé officiel : « Système de déstratification d'air (France métropolitaine) ». La version en vigueur est la version A71.4, pour les opérations engagées à partir du 1er août 2025. La fiche indique qu'elle s'applique aux opérations engagées avant le 1er août 2030.
Le principe est simple. Dans un local haut, l'air chaud monte et s'accumule sous la toiture, alors que les occupants sont au sol. Le déstratificateur redistribue cette chaleur vers le bas. La fiche le définit comme un système qui homogénéise la température « sans apport de chaleur propre », indépendant du système de chauffage. Pour le fonctionnement en détail, voir notre guide complet de la déstratification.
Quels bâtiments tertiaires sont éligibles ?
La fiche vise le bâtiment tertiaire existant. Elle ne dresse pas de liste d'activités. Ce qui compte, ce sont les caractéristiques du local à déstratifier :
- un local complètement clos ;
- chauffé par un système convectif et/ou radiatif ;
- une hauteur sous plafond ou sous faîtage d'au moins cinq mètres ;
- une température de consigne de chauffage, local occupé, d'au moins 15 °C.
Une grande surface de vente chauffée, par exemple, peut répondre à ces critères. Pour chaque local tertiaire de grande hauteur, la vérification se fait au cas par cas sur ces quatre critères. Notre page éligibilité de la déstratification détaille la méthode.
Ce que la fiche exclut
- les entrepôts logistiques, les réserves, les entrepôts et les locaux de stockage ;
- les locaux dont la consigne de chauffage en occupation est strictement inférieure à 15 °C ;
- les brasseurs d'air plafonniers ;
- tout système qui apporte sa propre chaleur, ou qui est alimenté par un système de chauffage ou par récupération de chaleur fatale.
Quelles conditions techniques le système doit-il respecter ?
La pose est réalisée par un professionnel disposant d'une assurance responsabilité décennale appliquée aux travaux d'électricité. Les exigences dépendent ensuite du type d'écoulement.
Écoulement d'air vertical
- aspiration de l'air à au plus un cinquième de la hauteur, en partant du plafond ou du faîtage ;
- flux orienté vers le sol, avec une vitesse maximale de 0,2 m/s à un mètre du sol ;
- asservissement à au moins une mesure de température de l'air prise entre le déstratificateur et le plafond ou le faîtage ;
- bruit au sol, dû au seul fonctionnement du système, strictement inférieur à 45 dB ou 45 dB(A).
Écoulement d'air horizontal
- aspiration des couches d'air sur toute la hauteur : point bas à au plus un mètre du sol, point haut à au plus un mètre du plafond ou du faîtage ;
- flux horizontal entre diffuseur et collecteur, à 0,2 m/s au maximum à un mètre du sol ;
- même asservissement à une mesure de température en partie haute ;
- bruit dû au seul fonctionnement du système strictement inférieur à 45 dB ou 45 dB(A) ;
- un dispositif de mélange de l'air aspiré.
La note de dimensionnement
Quel que soit le système, les besoins sont fixés par une note de dimensionnement et un calepinage (plan de disposition précise des appareils). Ils sont établis par un professionnel ou un bureau d'études ayant la qualification OPQIBI 1327 « Ingénierie de la performance énergétique dans le traitement climatique des bâtiments » ou 1905 « Audit énergétique des bâtiments (tertiaires et/ou habitations collectives) », ou réalisant des études selon les normes NF X 50-091, NF EN 16247 ou équivalentes.
La note indique notamment la hauteur, le volume et la surface du local, les moyens de chauffage et leurs puissances nominales, la consigne de température, le besoin minimal de brassage, les marques et références des appareils, la vitesse d'air au sol et la hauteur de pose. Spécificité tertiaire : elle décrit aussi, le cas échéant, la ventilation mécanique (débits, pressions selon l'occupation). Les flux des déstratificateurs ne doivent en aucun cas être orientés vers les bouches de soufflage de cette ventilation. La note est datée et signée par son auteur et par le bénéficiaire.
Combien de kWh cumac rapporte BAT‑TH‑142 ?
Le montant est calculé pour l'ensemble du local complètement clos chauffé concerné par la déstratification. Voici le barème officiel de la fiche, en kWh cumac par kW de puissance nominale de chauffage.
| Zone climatique | Système convectif (kWh cumac par kW) | Système radiatif (kWh cumac par kW) |
|---|---|---|
| H1 | 3 900 | 1 400 |
| H2 | 4 500 | 1 600 |
| H3 | 4 600 | 1 600 |
Formule : montant (kWh cumac) = forfait du tableau × P, où P est la puissance nominale du système de chauffage du local déstratifié, en kW.
Exemple de calcul, chiffres fictifs : un local en zone H1 chauffé par 100 kW de convectif donne 3 900 × 100 = 390 000 kWh cumac. Si un local est chauffé à la fois par un système convectif et un système radiatif, la fiche permet de cumuler les deux montants.
Sont cités comme convectifs : centrale de traitement d'air, rooftop, aérotherme, générateur d'air chaud, générateur de ventilation tempérée ou « make-up », ventilo-convecteur. Comme radiatifs : cassettes, tubes et panneaux radiants, planchers chauffants. Si une chaudière chauffe plusieurs locaux, on retient la part de sa puissance au prorata des volumes chauffés. La fiche ne fixe aucune valeur en euros pour ces certificats. Pour comprendre ce passage des kWh cumac au financement, voir la prime CEE pour la déstratification.
La durée de vie conventionnelle retenue par la fiche est de 15 ans.
Votre bâtiment est-il concerné ? Cinq questions, deux minutes, une première réponse honnête.
Faire le diagnosticÊtre rappeléQuelles pièces fournir pour le dossier ?
- La note de dimensionnement et le calepinage, signés : c'est le document justificatif spécifique à l'opération. Le nombre d'appareils posés doit être cohérent avec ses préconisations.
- La preuve de réalisation (par exemple la facture). Elle mentionne les déstratificateurs asservis à une mesure de température en partie haute et leur nombre, l'orientation du flux, la vitesse d'air au sol à un mètre, le niveau de bruit au sol, la somme des puissances nominales du chauffage (radiatif ou convectif) et, le cas échéant, la présence d'une ventilation mécanique.
- À défaut de ces mentions : marque et référence de chaque appareil, complétées par un document du fabricant ou d'un organisme accrédité NF EN ISO/CEI 17065 (COFRAC ou équivalent européen) qui reprend ces caractéristiques.
- L'attestation sur l'honneur, dont la partie A est définie en annexe 1 de la fiche : site, hauteur h, type d'écoulement, bruit, ventilation, puissances P, nombre d'appareils, coordonnées du bureau d'études et référence de l'étude.
Rappel : la fiche exige que le professionnel qui pose dispose d'une assurance responsabilité décennale appliquée aux travaux d'électricité.
BAT‑TH‑142 ou IND‑BA‑110 : quelles différences réelles ?
Les deux fiches A71.4 ont la même structure. Comparaison faite à partir des textes officiels de BAT‑TH‑142 et d'IND‑BA‑110 :
| Critère | IND‑BA‑110 | BAT‑TH‑142 |
|---|---|---|
| Secteur | Bâtiment industriel existant | Bâtiment tertiaire existant |
| Hauteur minimale | 5 m | 5 m |
| Consigne minimale en occupation | 15 °C | 15 °C |
| Exclusions stockage et brasseurs plafonniers | Oui | Oui |
| Bruit | Pas d'exigence dans la fiche | Strictement inférieur à 45 dB ou 45 dB(A) |
| Ventilation mécanique | Non mentionnée | Décrite dans la note, flux à ne pas orienter vers les bouches de soufflage |
| Qualification OPQIBI du dimensionnement | 1327 ou 1717 « Audit énergétiques dans l'industrie » | 1327 ou 1905 « Audit énergétique des bâtiments (tertiaires et/ou habitations collectives) » |
| Barème convectif H1 / H2 / H3 (kWhc par kW) | 7 200 / 8 000 / 8 500 | 3 900 / 4 500 / 4 600 |
| Barème radiatif H1 / H2 / H3 (kWhc par kW) | 2 500 / 2 800 / 3 000 | 1 400 / 1 600 / 1 600 |
| Durée de vie conventionnelle | 15 ans | 15 ans |
La fiche tertiaire ajoute donc des exigences sur le bruit et sur la ventilation mécanique, et valorise moins de kWh cumac par kW de chauffage. Le choix de la fiche dépend du secteur du bâtiment, pas d'une préférence. Pour un site industriel, voir la fiche IND‑BA‑110.
Deux magasins accompagnés par Momento
Momento Énergie diagnostique, chiffre, monte le dossier CEE et orchestre l'installation avec des partenaires. Deux chantiers tertiaires, tous deux à 0 € de reste à charge pour le client :
- Super U, Annonay (Ardèche) : 7 déstratificateurs, 24 500 € financés par les CEE. Le magasin est resté ouvert pendant les travaux.
- Carrefour Contact, Aiguebelle (Savoie) : 2 déstratificateurs, 7 500 € financés par les CEE, posés en une nuit, en horaires décalés.
Dans un magasin, la contrainte est d'intervenir sans gêner la clientèle : c'est l'objet de notre page déstratification en supermarché. Sur les sites bien profilés, l'objectif visé par Momento est une économie de chauffage comprise entre 10 et 30 %, à confirmer par le diagnostic du site.
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