Déstratification en usine et atelier de production
Dans un atelier de production de grande hauteur, l'air chaud produit par les aérothermes, rooftops ou tubes radiants monte et s'accumule sous la toiture, loin des postes de travail. La déstratification consiste à installer des appareils qui ramènent cette chaleur vers le sol, sans produire de chaleur eux-mêmes. En France métropolitaine, l'opération est encadrée par la fiche CEE IND‑BA‑110 et peut être financée, en tout ou partie, par les fournisseurs d'énergie, obligés par la loi.

Qu'est-ce que la déstratification en usine ?
Un déstratificateur industriel est un appareil fixé en hauteur qui aspire l'air chaud situé près du plafond ou du faîtage et le redistribue vers la zone occupée. La fiche IND‑BA‑110 le définit comme un système qui homogénéise la température d'un local « sans apport de chaleur propre », sans être alimenté par le chauffage ni par de la chaleur fatale, et indépendant du système de chauffage.
Le chauffage existant reste en place. Le déstratificateur ne le remplace pas : il remet en circulation une chaleur déjà payée.
Pourquoi un atelier haut perd-il de la chaleur ?
L'air chaud est plus léger que l'air froid. Dans un bâtiment de plusieurs mètres de haut, il se forme des couches de température : l'air le plus chaud se loge sous la toiture, l'air le plus froid stagne au niveau des machines et des opérateurs. C'est la stratification.
Sur un site industriel, cela se traduit de trois façons :
- la sonde de régulation, placée à hauteur d'homme, réclame de la chaleur alors que le haut du bâtiment est déjà chaud ;
- le chauffage tourne plus longtemps pour atteindre la consigne au sol ;
- la chaleur accumulée en toiture s'échappe davantage par la couverture et les lanterneaux.
Plus le volume est haut, plus l'écart entre le sol et la toiture compte. La fiche IND‑BA‑110 ne vise d'ailleurs que les locaux de grande hauteur, d'au moins 5 mètres sous plafond ou sous faîtage. Sur les sites bien profilés, l'objectif visé par Momento est une économie de chauffage comprise entre 10 et 30 %. Ce n'est pas un chiffre officiel : le gain réel dépend du bâtiment, du chauffage et des horaires d'occupation.
Que dit la fiche IND‑BA‑110 ?
La version A71.4 s'applique aux opérations engagées à partir du 1er août 2025, et la fiche couvre les opérations engagées avant le 1er août 2030. Les conditions principales sont résumées ci-dessous. Le détail est sur notre page fiche CEE IND‑BA‑110.
| Critère | Ce qu'exige la fiche |
|---|---|
| Bâtiment | Bâtiment industriel existant, local complètement clos |
| Hauteur | 5 mètres ou plus sous plafond ou sous faîtage |
| Chauffage | Système convectif et/ou radiatif |
| Consigne | Température de chauffage en occupation d'au moins 15 °C |
| Installateur | Professionnel disposant d'une assurance responsabilité décennale appliquée aux travaux d'électricité |
| Étude | Note de dimensionnement et calepinage établis par un professionnel ou bureau d'études qualifié (OPQIBI 1327 ou 1717, ou études selon NF X 50-091, NF EN 16247 ou équivalentes) |
| Régulation | Appareils asservis à au moins une mesure de température de l'air prise entre les appareils et le plafond ou le faîtage |
| Vitesse d'air | 0,2 m/s maximum à un mètre du sol |
| Durée de vie conventionnelle | 15 ans |
Ce qui est exclu
- les entrepôts logistiques, les réserves, les entrepôts et les locaux de stockage ;
- les locaux dont la consigne de chauffage en occupation est strictement inférieure à 15 °C ;
- les brasseurs d'air plafonniers (voir déstratificateur ou brasseur d'air) ;
- tout appareil qui chauffe l'air ou qui est alimenté par le chauffage ou par de la chaleur fatale.
Une usine qui comprend à la fois des halls de production et des zones de stockage doit donc être analysée local par local : seuls les locaux qui remplissent toutes les conditions de la fiche, hors stockage, entrent dans le calcul.
Écoulement vertical ou horizontal
La fiche distingue deux technologies. En écoulement vertical, l'air est aspiré dans le cinquième supérieur de la hauteur et soufflé vers le sol. En écoulement horizontal, l'aspiration se fait sur toute la hauteur, avec un point bas à un mètre au plus du sol et un point haut à un mètre au plus du plafond, et l'appareil comporte un dispositif de mélange de l'air aspiré. Dans les deux cas, la vitesse au sol est limitée à 0,2 m/s à un mètre de hauteur, ce qui limite les courants d'air sur les postes.
Votre bâtiment est-il concerné ? Cinq questions, deux minutes, une première réponse honnête.
Faire le diagnosticÊtre rappeléAérothermes, rooftops, tubes radiants : quel chauffage est compatible ?
La fiche IND‑BA‑110 accepte les deux familles de chauffage et donne des exemples pour chacune.
| Famille | Exemples cités par la fiche |
|---|---|
| Convectif | Centrale de traitement d'air, unité de toiture ou rooftop, aérotherme électrique, à combustible ou à fluide caloporteur, générateur d'air chaud, générateur de ventilation tempérée ou make-up, ventilo-convecteur |
| Radiatif | Cassettes, tubes et panneaux radiants électriques, à combustible ou à fluide caloporteur, planchers chauffants |
Le volume de certificats dépend de la zone climatique du site, du type de chauffage et de sa puissance nominale P (en kW) dans le local déstratifié :
| Zone climatique | Chauffage convectif (kWh cumac par kW) | Chauffage radiatif (kWh cumac par kW) |
|---|---|---|
| H1 | 7 200 | 2 500 |
| H2 | 8 000 | 2 800 |
| H3 | 8 500 | 3 000 |
Exemple de calcul, chiffres fictifs : un atelier en zone H1 chauffé par des aérothermes totalisant 500 kW donne 7 200 × 500 = 3 600 000 kWh cumac. Si un local est chauffé à la fois par un système convectif et par un système radiatif, la fiche permet de cumuler les deux montants. Quand une chaudière dessert plusieurs locaux, seule la part de sa puissance proportionnelle au volume du local déstratifié est retenue. Pour passer des kWh cumac au montant financé, voir la prime CEE déstratification.
Peut-on poser des déstratificateurs sans arrêter la production ?
Les appareils se fixent en hauteur, sous la charpente, et se raccordent à l'électricité et à leur régulation. Le chantier se prépare avec le site pour limiter l'impact sur l'activité : découpage par zones, intervention en dehors des postes, le week-end ou en horaires décalés selon les contraintes. Dans un autre secteur, le magasin Carrefour Contact d'Aiguebelle a été équipé en une nuit, en horaires décalés. Les modalités exactes d'une usine (accès nacelle, ponts roulants, zones sensibles) sont définies lors du diagnostic, pas promises à l'avance.
CAF et Howden : deux usines équipées sans reste à charge
| Site | Activité | Déstratificateurs | Financé par les CEE | Reste à charge client |
|---|---|---|---|---|
| CAF, Reichshoffen (Bas-Rhin) | Construction ferroviaire | 217 | 498 000 € | 0 € |
| Howden, Meyzieu (Rhône) | Industrie | 33 | 61 154 € | 0 € |
Ces deux chantiers ont été réalisés avec nos partenaires Polymage (bureau d'études) et GSEH (installation).
Comment se déroule un projet avec Momento ?
Momento Énergie diagnostique, chiffre, monte le dossier CEE et orchestre l'installation avec des partenaires.
- Diagnostic. Vous répondez au diagnostic en 2 minutes, puis nous vérifions les critères de la fiche sur votre site : usage de chaque local, hauteur, chauffage et consigne. Une hauteur estimée à distance est confirmée par relevé avant toute étude.
- Note de dimensionnement. La note et le calepinage exigés par la fiche sont établis par un professionnel ou un bureau d'études répondant aux conditions qu'elle fixe (qualification OPQIBI 1327 ou 1717, ou études selon les normes citées). Ils précisent notamment : volumes, puissances de chauffage, taux de brassage, marque, référence et position des appareils. Vous signez la note pour valider les hypothèses retenues.
- Pose. Un installateur partenaire pose les appareils et leur régulation selon un planning établi avec le site. La fiche exige que ce professionnel dispose d'une assurance responsabilité décennale appliquée aux travaux d'électricité.
- Contrôle. Nous vérifions que le nombre et l'emplacement des appareils correspondent à la note, que l'asservissement à la sonde haute fonctionne, et nous réunissons les pièces du dossier CEE : preuve de réalisation, note de dimensionnement, attestation sur l'honneur.
Un projet, une question ? Hugo vous répond directement au 06 46 73 14 30.
Appeler HugoDiagnostic en lignePour une vue d'ensemble de la technique, de ses usages et de son financement, consultez notre guide complet de la déstratification. Le cadre du financement est décrit par le ministère de la Transition écologique : les certificats d'économies d'énergie, créés par la loi du 13 juillet 2005 (loi POPE), obligent les fournisseurs d'énergie à financer des économies d'énergie.