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Déstratification thermique : le guide complet

Par Hugo Graziano, Momento ÉnergieMis à jour le

La déstratification thermique consiste à ramener vers le sol la chaleur qui s'accumule sous la toiture d'un bâtiment de grande hauteur. Un déstratificateur d'air, piloté par une mesure de température prise en partie haute, homogénéise la température du local sans produire de chaleur. En France, l'opération est encadrée par deux fiches CEE, IND‑BA‑110 pour l'industrie et BAT‑TH‑142 pour le tertiaire, qui visent les locaux d'au moins cinq mètres, complètement clos et chauffés.

Intérieur d'un bâtiment de grande hauteur sous toiture métallique
Photo d'illustration · Unsplash

Qu'est-ce que la stratification thermique ?

La stratification thermique est la superposition de couches d'air à des températures différentes dans un même volume. Elle s'explique par un principe physique simple : en se réchauffant, l'air se dilate et devient moins dense que l'air qui l'entoure. Il s'élève donc naturellement, tandis que l'air plus froid, plus lourd, reste près du sol.

Dans un bureau de hauteur classique, ce phénomène reste discret. Dans un atelier, une usine, un supermarché ou une salle de sport, le volume au-dessus des occupants est important. L'air chaud produit par les aérothermes, les rooftops ou les panneaux radiants monte et s'accumule sous la toiture. Il se forme alors un gradient de température : l'air est d'autant plus chaud qu'on se rapproche du plafond ou du faîtage.

Conséquence directe : la zone où travaillent les personnes, près du sol, reste plus fraîche que la consigne souhaitée. Le chauffage fonctionne plus longtemps pour l'atteindre, alors qu'une partie de la chaleur produite stagne en hauteur, là où personne n'en profite, et se perd en partie à travers la toiture.

Qu'est-ce que la déstratification thermique ?

La déstratification thermique est l'opération inverse : elle brasse les couches d'air pour ramener la chaleur accumulée en partie haute vers la zone occupée. Les fiches CEE la définissent comme un système qui homogénéise la température d'un local en redistribuant la chaleur située à proximité du plafond ou du faîtage vers le sol, sans apport de chaleur propre, sans alimentation par un système de chauffage ni par récupération de chaleur fatale. Le système est indépendant du chauffage existant (fiche IND‑BA‑110).

Autrement dit, un déstratificateur ne chauffe pas : il réutilise une chaleur déjà payée. Momento vise, sur les sites bien profilés, une économie de chauffage comprise entre 10 et 30 %. Il s'agit d'un objectif de projet, établi site par site, et non d'un chiffre officiel.

À retenir : la stratification est un phénomène naturel lié à la densité de l'air chaud. La déstratification ne produit aucune chaleur : elle redistribue celle qui est déjà présente sous la toiture vers la zone occupée.

Comment fonctionne un déstratificateur d'air ?

Les fiches IND‑BA‑110 et BAT‑TH‑142 décrivent deux familles de systèmes.

L'écoulement d'air vertical

L'appareil est installé en partie haute du local. L'aspiration de l'air se fait au plus à un cinquième de la hauteur en partant du plafond ou du faîtage, puis l'air est renvoyé vers le sol. Le flux doit avoir une vitesse maximale de 0,2 m/s à un mètre du sol.

L'écoulement d'air horizontal

Ici, les différentes couches d'air sont aspirées sur toute la hauteur du local : le point d'aspiration le plus bas se situe au plus à un mètre du sol et le plus haut au plus à un mètre du plafond ou du faîtage. Le flux entre diffuseur et collecteur est horizontal, avec la même limite de 0,2 m/s à un mètre du sol, et le système contient un dispositif de mélange de l'air aspiré.

Le pilotage par sonde de température

Dans les deux cas, le système est asservi à au moins une mesure de température de l'air prise dans la zone située entre le déstratificateur et le plafond ou le faîtage. Le fonctionnement de l'appareil est ainsi lié à la température mesurée en partie haute.

Pour les bâtiments tertiaires, la fiche BAT‑TH‑142 ajoute une exigence acoustique : le bruit au sol dû au seul fonctionnement du système doit être strictement inférieur à 45 dB ou 45 dB(A) (fiche BAT‑TH‑142).

Quels bâtiments sont concernés par la déstratification ?

Les deux fiches fixent trois conditions de base communes. Le local doit :

En pratique, cela concerne surtout les usines et ateliers, les supermarchés et surfaces commerciales, les salles de sport ou les halls d'exposition. Lorsque la hauteur du bâtiment n'a pas encore été mesurée sur place, elle doit être considérée comme une estimation à confirmer lors du diagnostic.

Que dit la réglementation CEE ?

Les certificats d'économies d'énergie ont été créés par la loi n° 2005-781 du 13 juillet 2005, dite loi POPE. Les pouvoirs publics imposent aux fournisseurs d'énergie, appelés « obligés », une obligation d'économies d'énergie (ministère de la Transition écologique). Pour les opérations courantes, des fiches d'opérations standardisées fixent des montants forfaitaires en kWh cumac.

Pour la déstratification, deux fiches s'appliquent dans leur version A71.4, en vigueur pour les opérations engagées à partir du 1er août 2025 :

CritèreIND‑BA‑110BAT‑TH‑142
SecteurBâtiment industriel existantBâtiment tertiaire existant
Hauteur minimale5 m sous plafond ou faîtage5 m sous plafond ou faîtage
Consigne de chauffage en occupation15 °C ou plus15 °C ou plus
Vitesse d'air à 1 m du sol0,2 m/s maximum0,2 m/s maximum
Exigence acoustiqueNon mentionnéeBruit au sol strictement inférieur à 45 dB ou 45 dB(A)
Ventilation mécaniqueNon mentionnéeFlux non orientés vers les bouches de soufflage
Durée de vie conventionnelle15 ans15 ans
Opérations concernéesEngagées avant le 1er août 2030Engagées avant le 1er août 2030

Dans les deux cas, le volume de certificats est calculé pour l'ensemble du local déstratifié : un montant forfaitaire par kW, qui dépend de la zone climatique (H1, H2 ou H3) et de la nature du chauffage (convectif ou radiatif), est multiplié par la puissance nominale du système de chauffage du local. Lorsqu'un local est chauffé à la fois par un système convectif et un système radiatif, les montants peuvent être cumulés. Le détail des barèmes figure sur nos pages IND‑BA‑110 et BAT‑TH‑142.

Quelles sont les conditions et les exclusions ?

Les fiches excluent explicitement :

La pose doit être réalisée par un professionnel disposant d'une assurance responsabilité décennale couvrant les travaux d'électricité. Pour un bâtiment de stockage, nous détaillons la situation sur la page déstratification d'entrepôt. L'ensemble des critères est repris, point par point, dans notre guide éligibilité à la déstratification.

Votre bâtiment est-il concerné ? Cinq questions, deux minutes, une première réponse honnête.

Faire le diagnosticÊtre rappelé

Comment la déstratification est-elle financée ?

Un projet de déstratification peut être financé, en tout ou partie, par les fournisseurs d'énergie, obligés par la loi, dans le cadre du dispositif des CEE. Le montant dépend des caractéristiques du site : zone climatique, type de chauffage, puissance nominale installée. Il ne s'agit pas d'une somme fixe par appareil. Pour comprendre comment ce montant est déterminé et versé, consultez notre page prime CEE déstratification.

Comment se déroule un projet avec Momento ?

Momento Énergie est un intermédiaire spécialisé basé à Lyon. Nous diagnostiquons le site, chiffrons le projet, montons le dossier CEE et orchestrons l'installation avec des partenaires. Un projet suit quatre étapes.

  1. Diagnostic. Nous recueillons les informations sur le local : hauteur, surface, mode et puissance de chauffage, consigne de température, usage. Un premier tri peut se faire en ligne avec notre diagnostic en 2 minutes.
  2. Note de dimensionnement. Les fiches imposent une note de dimensionnement et un calepinage établis par un professionnel ou un bureau d'études répondant aux qualifications ou aux référentiels qu'elles listent. Cette note précise notamment le volume et la surface à déstratifier, le besoin minimal de brassage d'air par heure, la marque et la référence des appareils, leur hauteur d'installation et leur disposition. Elle est datée et signée par son auteur et par le bénéficiaire.
  3. Pose. Un installateur partenaire met en place les appareils conformément au calepinage, avec leur asservissement à la mesure de température en partie haute. Les interventions sont organisées pour limiter la gêne sur un site en activité.
  4. Contrôle. Nous vérifions que le nombre d'équipements installés est cohérent avec la note de dimensionnement, comme l'exigent les fiches, et que la preuve de réalisation mentionne les éléments requis : orientation du flux, vitesse de l'air à un mètre du sol, puissance du chauffage et, en tertiaire, niveau de bruit.

Quels chantiers Momento a-t-il déjà menés ?

Nous avons accompagné ces quatre chantiers, tous réalisés à 0 € de reste à charge pour le client :

SiteSecteurDéstratificateursMontant financé par les CEE
CAF, Reichshoffen (Bas-Rhin)Construction ferroviaire217498 000 €
Howden, Meyzieu (Rhône)Industrie3361 154 €
Super U, Annonay (Ardèche)Commerce724 500 €
Carrefour Contact, Aiguebelle (Savoie)Commerce27 500 €

Les chantiers CAF et Howden ont été menés avec nos partenaires Polymage (bureau d'études) et GSEH (installation). Le Super U d'Annonay est resté ouvert pendant les travaux. Au Carrefour Contact d'Aiguebelle, les deux appareils ont été posés en une nuit, en horaires décalés.

Déstratificateur ou brasseur d'air : quelle différence ?

Les deux appareils mettent l'air en mouvement, mais pas dans le même but. Le déstratificateur vise à ramener la chaleur du plafond vers le sol, avec un flux maîtrisé et un pilotage par la température en partie haute. Le brasseur d'air plafonnier, lui, met l'air en mouvement dans le local, le plus souvent pour le confort des occupants. Les fiches CEE excluent les brasseurs d'air plafonniers. Nous détaillons ces différences sur la page déstratificateur ou brasseur d'air.

À retenir : un local d'au moins cinq mètres, complètement clos, chauffé, avec une consigne d'au moins 15 °C et hors stockage peut relever des fiches IND‑BA‑110 ou BAT‑TH‑142. La note de dimensionnement est la pièce centrale du dossier.

Par où commencer ?

Le plus simple est de vérifier les critères de base de votre bâtiment, puis d'échanger avec nous sur votre site. Vous pouvez lancer le diagnostic en 2 minutes ou demander à être rappelé. Pour en savoir plus sur notre équipe et notre façon de travailler, rendez-vous sur la page qui sommes-nous.

Un projet, une question ? Hugo vous répond directement au 06 46 73 14 30.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que la déstratification thermique ?
C'est le fait de redistribuer vers le sol la chaleur accumulée sous la toiture d'un local de grande hauteur, afin d'homogénéiser la température de l'air. Les fiches CEE précisent que le système le fait sans apport de chaleur propre et qu'il est indépendant du système de chauffage.
À partir de quelle hauteur un bâtiment peut-il bénéficier des CEE pour la déstratification ?
Les fiches IND-BA-110 et BAT-TH-142 exigent une hauteur sous plafond ou sous faîtage d'au moins cinq mètres. Le local doit aussi être complètement clos et chauffé par un système convectif et/ou radiatif.
Un entrepôt de stockage est-il éligible aux CEE pour la déstratification ?
Non, pas au titre de ces deux fiches. Elles excluent les entrepôts logistiques, les réserves, les entrepôts et les locaux de stockage, ainsi que les locaux dont la consigne de chauffage en occupation est strictement inférieure à 15 °C.
Un brasseur d'air plafonnier est-il un déstratificateur ?
Pas au sens des fiches CEE. Les fiches IND-BA-110 et BAT-TH-142 indiquent que les brasseurs d'air plafonniers ne sont pas éligibles.
Qui finance un projet de déstratification ?
Le projet peut être financé, en tout ou partie, par les fournisseurs d'énergie, obligés par la loi, dans le cadre du dispositif des certificats d'économies d'énergie (CEE). Le montant dépend notamment de la zone climatique, du type de chauffage et de sa puissance nominale.
Quelle est la durée de vie conventionnelle retenue pour un déstratificateur ?
Les fiches IND-BA-110 et BAT-TH-142 retiennent une durée de vie conventionnelle de 15 ans. Elles s'appliquent aux opérations engagées avant le 1er août 2030.

Sources

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